Versement unique de la retraite : allez-vous vous faire aligner en juillet ?

Plébiscitée comme étant une mesure de simplification des démarches de liquidation des droits à retraite, la liquidation unique des régimes alignés (LURA) entre en vigueur le 1er juillet 2017. L’objectif de la réforme est simple : permettre aux futurs retraités ayant cotisé à plusieurs régimes « alignés » au cours de leur carrière (salariés et assimilés salariés, commerçants/artisans, exploitants agricoles) de percevoir une seule pension au titre de ces régimes. Plus qu’un simple regroupement de pensions, la LURA modifie les modalités de calcul des retraites, engendrant son lot de « gagnants » et ses « perdants ».
Revenons ensemble sur les points clés de cette réforme.

 

Qu’est-ce que la liquidation unique des régimes alignés (LURA) ?

La LURA permettra aux polypensionnés des régimes « alignés » nés à partir du 1er janvier 1953 de percevoir une seule pension au titre de ces 3 régimes.
En pratique, cette pension :

  • Sera liquidée, sauf exception, dans leur dernier régime d’affiliation de l’assuré,
  • Fera l’objet d’une formule de calcul unique valable pour les 3 régimes,
  • Sera versée mensuellement.

Attention – La LURA est un dispositif parcellaire qui ne s’applique pas aux régimes de base des professions libérales (CNAVPL), ni aux régimes spéciaux (ex : fonction publique) ainsi qu’à l’ensemble des régimes complémentaires (AGIRC-ARRCO, etc.).

De nouvelles modalités de calcul

Nouvelles modalités de calcul de la durée d’assurance

Avant le 1er juillet 2017, la durée d’assurance retenue représentait la somme des trimestres acquis dans chaque régime de base (dans la limite de 4 trimestres pas an).
Ainsi, un assuré menant de front une activité indépendante (RSI) et une activité salariée pouvait valider 4 trimestres dans chaque régime.
Ainsi, une pension était calculée pour chaque régime, sur la base des trimestres acquis en son sein.
Depuis le 1er juillet, l’assuré acquiert au maximum 4 trimestres par an et ce, tous régimes alignés confondus.

Le calcul du salaire annuel moyen

Le salaire annuel moyen (SAM) correspond à la moyenne des 25 meilleurs salaires perçus au cours de la carrière.
Jusqu’au 30 juin 2017, le SAM était proratisé selon la durée d’affiliation à chaque régime aligné.
Depuis le 1er juillet, la pension est calculée comme si l’assuré n’avait cotisé qu’à une seule caisse.
Si l’assuré cotise simultanément à plusieurs régimes, il est fait la somme des différents revenus dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale (39 228 € en 2017).

Avec la LURA, êtes-vous gagnant ou perdant ?

S’agissant des gagnants, il va s’agir notamment des polypensionnés :

  • dont la somme des revenus permet d’atteindre 4 trimestres. Il s’agit notamment des travailleurs saisonniers et des micro-entrepreneurs qui sont simultanément ou successivement affiliés à plusieurs régimes.
  • dont les revenus sont très inégaux entre les régimes. Ainsi, les personnes ayant eu des carrières parallèles en dents de scie seront favorisés par la retenu des 25 meilleures années tous régimes confondus sur la quarantaine d’années d’affiliation.

Les « perdants » seront les polypensionnés qui exercent une activité dans plusieurs régimes simultanément et qui cumulent plus de 4 trimestres d’affiliation par an.

Sont également désavantagés les polypensionnés dont les revenus professionnels cumulés dépassent le plafond de prise en compte (39 228 € en 2017). Dans ce dernier cas, les cotisations supplémentaires seront versées « à perte » car elles ne permettront pas l’acquisition de nouveaux droits au régime de base.

Le bilan retraite, une étape plus que jamais indispensable

Que vous soyez concerné ou non par la LURA, un bilan retraite vous permettrait d’identifier le moment optimal pour liquider vos pensions, mais surtout, d’anticiper les conditions de cessation de votre activité professionnelle et de bâtir une stratégie de fin de carrière adaptée.
Plus prosaïquement, un bilan retraite vous permet de vérifier que le compte est bon !
En effet, une erreur /oubli d’une caisse de retraite (non prise en compte de trimestres et/ou de revenus, etc.) n’est pas sans répercussions financières.
Par exemple, une erreur causant une minoration de 100 € de pension mensuelle pour un homme liquidant ses droits à 62 ans peut provoquer une perte sèche de revenus jusqu’à 21 600 € compte tenu d’une espérance de vie de 80 ans.

Un conseil : n’hésitez pas, sollicitez l’aide d’un spécialiste !



Laisser un commentaire