Le Girardin industriel : coup sûr ou pari risqué ?

La loi Girardin est un dispositif de défiscalisation « one shot1 » bien connu qui permet d’obtenir des réductions d’impôt significatives. Pour les contribuables, il s’agit de participer au financement de l’économie locale en outremer. Le principe est d’adhérer au capital d’une société2 à hauteur d’au moins 2 000 €, ce qui lui permettra d’acquérir du matériel industriel (machines-outils, entrepôt etc…), dont elle sera propriétaire pendant 5 ans et qu’elle mettra à disposition d’une société d’exploitation locataire.

Au terme des 5 ans, la société qui porte l’investissement sera dissoute et l’entreprise jusqu’à présent locataire deviendra définitivement propriétaire du matériel préalablement prêté.S’agissant d’un investissement à fonds perdus pour les contribuables, l’état va compenser cette perte par une réduction d’impôts de l’ordre de 110% à 130% de la somme investie l’année suivante, plafonnée à 40 909 € (ce plafond peut atteindre 52 941€ pour l’achat de matériel de plus de 250 000€).

Alors le Girardin, c’est gagnant à coup sûr ?

S’il est bien fait, il est une arme de défiscalisation redoutable, mais il convient d’être extrêmement vigilant dans la sélection des programmes et de respecter certaines exigences pour éviter que ce dispositif très avantageux ne devienne désastreux pour votre portefeuille.
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Privilégier les investissements dans un portefeuille d’entreprises

Le premier risque de ce type de montage est une défaillance de l’exploitant. Si la société locataire du matériel fait faillite pendant les 5 ans, ou si le matériel acquis grâce à l’investissement des contribuables n’est pas utilisé par l’entreprise sur cette période, les réductions d’impôts accordées seront remises en cause par l’administration fiscale. Si la société qui porte l’investissement Girardin n’a qu’un seul projet d’investissement, il conviendra d’obtenir une information parfaite sur le programme afin d’évaluer la prise de risque.  Si ce risque est trop élevé, il conviendra de privilégier une opération Girardin qui dispose d’un portefeuille d’investissement diversifié afin de diluer le risque de défaillance des sociétés locataires.
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Bien choisir son intermédiaire

Le Girardin est un montage complexe, très exigeant sur le plan juridique et particulièrement contrôlé. Logique, il impacte directement les recettes fiscales de l’état. Surfacturation, matériel fantôme, les arnaques existent et c’est le rôle de votre intermédiaire de vous offrir des garanties. L’Etat peut contrôler l’entreprise jusqu’à 10 ans après l’acquisition du matériel et remettre en cause son éligibilité au dispositif Girardin dans ces délais ainsi que les réductions d’impôts qu’elle a accordées. Pour prévenir ce genre de déconvenues, l’intermédiaire peut vous proposer une garantie de bonne fin fiscale.


Ne pas être trop gourmand

Certains font miroiter des rendements très élevés mais une chose est certaine : il n’y a pas de rendements élevés sans risques. Même si les Girardin industriels peuvent effectivement être très avantageux et dépasser les 25% à 30% de rendement, il convient de redoubler de prudence lorsqu’on atteint ces montants. Pour tout investissement, si l’on espère obtenir une telle efficacité, il faut être prêt à perdre sa mise. Le Girardin ne déroge pas à cette règle. Méfiance donc si on vous promet un gain important sans vous parler des risques.
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Ne pas se précipiter

C’est naturellement à la fin de l’année que les contribuables se bousculent pour obtenir ces réductions d’impôts. Dès novembre, l’offre devient inférieure à la demande : les rendements baissent et les montages bancals voire frauduleux se font plus nombreux car la précipitation peut vous empêcher de prendre connaissance de tous les éléments du montage, de les vérifier… Les entreprises recherchent des financements tout au long de l’année, anticipez ! Vos gains seront plus importants et plus sécurisés !

Investir dans l’industrie en outremer est un moyen très efficace pour faire baisser vos impôts. Mais ce n’est pas une opération à prendre à la légère ou à faire dans la précipitation. Soyez curieux, vérifiez le sérieux de votre intermédiaire (% de redressements, nombres d’opérations disponibles, garantie de bonne fin fiscale…) avant de vous engager. 

 

1 réduction d’impôts « one shot », c’est à dire imputable intégralement sur l’impôt dû au titre des revenus de l’année de souscription.

2 en Nom Collectif ou d’une Société par Actions Simplifiées



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