Comment expliquer la baisse des rendements de fonds en euros en assurance vie ?

Pendant des années, le fonds en euros en assurance vie constituait une réponse à quasi tous les besoins des épargnants. Liquide, souple, disposant d’une garantie en capital et d’un effet cliquet, il a su aussi bien séduire les petits patrimoines que les grosses fortunes durant les 30 dernières années. Mais voilà, depuis plus d’une décennie, son rendement moyen ne cesse de baisser 1.

 

Pour preuve, il s’établissait à 5,80 % en 2000 contre 2,50 % en 2014. Certains experts estiment même qu’il pourrait à terme s’afficher autour de 1,50 %2. Cette baisse s’explique principalement par deux facteurs.
En premier lieu, une baisse historique des rendements des emprunts d’Etats. On le sait, les assureurs figurent parmi les plus importants investisseurs de ce type d’obligations. Avec, pour certains pays, des taux d’intérêt nuls voire négatifs, on comprend aisément que les assureurs ne soient plus à même d’offrir, au sein des fonds en euros, des rendements tels que nous les avions connus. En second lieu, les assureurs européens vont, à compter du 1er janvier prochain, se plier à une nouvelle directive baptisée Solvency II. Cette nouvelle réglementation oblige les assureurs à piloter de manière différente les fonds en euros. Ainsi, en fonction de la nature des investissements réalisés par l’équipe de gestion au sein du fonds en euros, la compagnie se doit d’appliquer une marge de solvabilité variable. Pour simplifier, jusqu’à présent, cette marge de solvabilité s’établissait à 4 % quel que soit l’investissement réalisé au sein du fonds en euros. Avec Solvency II, elle varie. Exemple : lorsqu’il s’agit d’actions européennes, l’assureur immobilisera 39 % d’investissement. Ce taux s’établira à 25 quand la compagnie investira en immobilier mais 0 quand l’assureur achètera des obligations des pays de l’OCDE. Or, ces dernières affichent précisément des rendements particulièrement faibles.

Naturellement, le fonds en euros conserve toutes ses vertus au sein des contrats d’assurance vie. En revanche, il convient d’accepter l’idée que son rendement demeurera, pour des raisons conjoncturelles mais surtout réglementaires, excessivement faible. Afin de pouvoir pleinement utiliser la dimension financière de l’assurance vie, qui constitue une enveloppe patrimoniale sans pareil, il est donc nécessaire d’allouer une partie plus conséquente de son épargne aux unités de compte. A condition toutefois de ne pas assimiler uniquement ces unités de compte à des supports investis en actions. La richesse au sein des contrats modernes permet précisément de pouvoir établir des allocations d’actifs pilotées au regard d’un critère capital pour les épargnants : le niveau de risque.

En cela, le rôle du conseiller en gestion de patrimoine  est tout simplement primordial.

1 tel que le calcule la Fédération Française des Sociétés d’Assurance
2 Ces taux s’entendent naturellement nets de frais de gestion mais bruts de prélèvements sociaux : il faut donc encore retirer 15.5% à ces résultats

 

Eric BENGEL, Directeur de l’offre et des services de CD Partenaires, plateforme dédiée aux professionnels du conseil patrimonial.



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